Chuck-Maurice aux urgences pédiatriques

Les urgences sont un passage quasi obligé pour les jeunes parents et nous c’était le week-end dernier. Chuck-Maurice, comme son surnom l’indique, est un petit bonhomme résistant, tonique et facile à vivre. En gros, il s’énerve quand le biberon est devant lui mais pas dans sa bouche. L’avantage : c’est que l’on sait rapidement quand il a de la fièvre ou que quelque chose ne va pas. Ce samedi midi, il ne voulait pas manger, ses bronches sifflaient et il s’est mis à pleurer non-stop. Après avoir tenté de faire venir sos-médecin (non personne ne se déplace dans votre zone, essayez le 15 !), le samu débordé, nous nous sommes résolus à partir aux Urgences Pédiatriques de Trousseau.

L’arrivée aux urgences

En bons parisiens, nous avons uberisé jusqu’à l’hôpital avec cosy, sac à langer fait à l’arrache, le goûter et le petit bonhomme sous les bras.
Nous débarquons dans une salle d’attente blindée mais relativement calme. Tu sens que les familles sont résignées à attendre des plombes. Le week-end, personne ne trouve de médecin et on se retrouve aux urgences pour les maladies dites « classiques » : rougeoles, otites etc.
Par chance, les admissions étant libres, nous passons assez vite. Chuck-Maurice est trop fatigué pour faire son numéro de charme habituel. Je m’explique : 9 fois sur 10 quand je l’emmène chez le médecin ; dans le cabinet Mossieur pète le feu. Il fait des sourires à tout le monde quitte à faire passer sa mère pour une mama overstressée. Nous étions déjà allés 2 fois chez le médecin cette semaine pour une roséole et un début de sifflement dans les bronches.

Bref, là, le petit bonhomme toussait fortement pendant l’admission. Du coup, nous n’avons même pas eu le temps de nous réinstaller dans la salle d’attente qu’il était appelé pour sa première consultation. L’infirmière prend les constantes. Verdict : 39.8 alors qu’il n’avait que 38 à la maison, une otite et une bronchiolite confirmée. Vous allez directement en salle de consultation pour voir un médecin.

Note pour les parents débutants : les urgences prennent en charge les patients selon la gravité de l’état et l’âge des patient. Les bébés sont donc souvent prioritaires. Quand on se dit que l’on va devoir attendre des heures, cela peut être assez flippant et déconcertant. C’est surtout pour la bonne cause et au final rassurant de voir qu’ils ne prennent pas le moindre risque.

L’admission

L’interne arrive assez rapidement et confirme le diagnostic avec en prime une saturation en oxygène assez faible. Elle pense donc que nous allons devoir passer la nuit en observation. Après confirmation auprès du médecin référent, nous sommes installés en salle d’attente 2. Malheureusement, l’hôpital est plein à craquer ce week-end là. Il faut le savoir les enfants sont comme tout le monde ; ils tombent plus souvent malades en hiver. Nous allons donc devoir passer la nuit en observation en lit porte. Pour résumer, c’est l’annexe des urgences qui dispose de 12 lits en chambre double.

Le petit bonhomme est installé dans un lit penché avec des hauts barreaux et relié à tout un tas de capteurs pour surveiller ses constantes. Chuck-Maurice déteste comme beaucoup de bébé qu’on lui nettoie le nez. Pour plus d’efficacité, le médecin nous a montré une nouvelle technique. Pendant que vous tenez les mains du bébé, l’autre personne lui bloque la tête. Puis, elle insère un tube de sérum physiologique en l’inclinant à 90° en bouchant une narine. Le but, attention détail glam, est de faire tout sortir par l’autre narine. Une fois, ce nettoyage effectué, votre bébé respirera mieux et dans notre cas on peut lui installer la perfusion d’oxygène. Après un nettoyage de nez rock’n roll, l’effet est immédiat on voit la courbe se stabiliser et augmenter ce qui nous rassure fortement.

A partir de 20h30, l’équipe de nuit prend le relais et vient se présenter à nous. Sur les conseils d’une amie, nous nous décidons à commander japonais. En effet, un samedi soir à l’hôpital, c’est un peu comme dans Koh-Lanta pour trouver de la nourriture. Pas de distributeur en vue, le relais H est fermé ainsi que le Franprix du coin. J’avoue j’ai même chipé la compote destinée à l’enfant qui n’avait même pas fini son biberon.

Note pour les parents débutants :  PENSEZ A MANGER! Comme en avion, il faut vous occuper de vous pour tenir le coup et assurez auprès de votre enfant. En effet, la situation est bien assez stressante et vous avez besoin de toutes vos ressources pour rester calme et rassurante.

La nuit aux urgences

Une fois l’homme parti, le bébé couché, la nuit commence. Le moins que l’on puisse dire c’est que le temps est élastique.. et que la nuit est loooongue dans une chambre sans lumière.
Au début, avec les capteurs qui bipent et se détachent au moindre mouvement du bébé, on ne dort pas. Vous y ajoutez le contrecoup du stress de la journée et les émotions à digérer vous avez le droit de pleurer un petit coup. Après, on ne va pas se mentir on voudrait bien dormir mais le confort des fauteuils est plus que discutable. Je vous laisse découvrir mon installation de fortune pour la nuit. Coup de chance, on nous avait annoncé que nous devrions sûrement partager la chambre. Finalement, ce n’est qu’au petit matin que nos colocs ont fait leur entrée.

lit urgences hopital

Les lendemains difficiles

Après une nuit de « garde », le matin est laborieux. La patience de tous est mise à rude épreuve avec les capteurs qui se débranchent pour un rien et les bips qui sonnent. Le gros point positif c’est que ça crée une vraie solidarité de maman en galère. Francesca et sa petite L. (1 mois et demi) ont passé une sale nuit aux urgences avec ponction lombaire à 4h du mat ! Pour couronner le tout, Francesca, italienne, est à Paris depuis un an seulement et ne comprend pas tout ce que lui disent les médecins. Déjà que pour nous c’est loin d’être limpide… Bref, on se relaie pour les tours de toilette et les branchements de capteurs. A 13h, son mari arrive avec le ravitaillement et notre amitié est scellée autour d’une galette chocolat blé complet. Enfin, le père de Chuck-Maurice nous rejoint avec un jambon/fromage maison certainement le meilleur de toute ma vie 🙂

Suspense

Sur le front médical, la situation n’est pas glorieuse. Pendant la nuit, la saturation en oxygène était bien remontée avec la perfusion. En gros, on considère un taux normal entre 94 et 98. Dès qu’on lui enlève ses branchements, le petit bonhomme tourne autour des 92 🙁 Les infirmières nous font comprendre qu’il va sûrement devoir faire une nuit supplémentaire en observation. L’interne arrive et décide de le remettre sous oxygène pour voir comment la situation évolue. Epuisé, Chuck-Maurice s’endort jusqu’à son goûter. Victoire, il accepte de prendre compote + biberon et sans oxygène la sat est à 94. Le médecin passe et semble embêté car il est à la limite basse. Nous repartons pour 2 heures d’observation sans oxygène et on avisera le moment venu. 3h plus tard, nous sortons ! Certes, Chuck-Maurice est toujours à 94. Mais, la fièvre est tombée, l’otite est en bonne voie de guérison et bébé a la pêche.

Finalement, plus de peur que de mal, ce « baptême » aux urgences se termine bien. Comme beaucoup de parents inquiets, nous sommes partis un peu vite aux urgences en oubliant pas mal de choses utiles. Cependant, inutile de trop se charger, vous ne resterez pas forcément toute la nuit. En effet, dès le lendemain, nous étions de retour aux urgences et forte de l’expérience du week-end, je me suis chargée comme un mulet pour ressortir 5h plus tard.

Kit de survie pour les urgences

les indispensables bébés :

le carnet de santé (perso il est en permanence dans le sac à langer)
1 body et 1 pyjama
1 doudou
1 lange qui fera office de bavoir et de doudou si comme nous vous les avez oubliés pour la nuit #parentsindignes
Pour les mamans qui n’allaitent pas un biberon d’eau car l’attente peut être longue et bébé aura soif. Bonus, les aides-soignantes pourront préparer le biberon dedans et bébé ne sera pas perturbé.

les indispensables parents :

1 chargeur de téléphone (j’ai pu me débrouiller avec une infirmière de nuit qui m’a dépannée mais sinon la nuit aurait été encore plus longue)
1 culotte
1 t-shirt de rechange
le top si vous avez déjà voyagé en avion, prendre une petite pochette que l’on vous distribue : elles sont complètes et le format voyage est parfait pour les courts séjours
sinon brosse à dents, dentifrice, déodorant, petite brosse pour garder forme humaine
à manger : banane, barres de céréales ou pépito ce que vous voulez qui soit assez pratique à transporter
de la monnaie pour les distributeurs de café etc.

Nous sommes d’accord on préfère tous éviter d’y aller mais avec ces petits riens votre séjour sera un peu plus agréable. Si vous avez des astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaires.

Excellentes fêtes de fin d’année à toutes et à tous !