Le biberon c’est tabou on en viendra tous à bout

Avant même de vouloir être mère, j’ai toujours su que le moment venu je ne voudrais pas allaiter au sein.
Je ne le souhaitais pas pour plein de raisons qu’elles soient rationnelles ou pas (pudeur, peur de la douleur, envie de faire participer le papa, le côté un peu vache à lait qui me rebute).

La team biberon

Nous sommes de moins en moins nombreuses et j’ai été plusieurs fois confrontée à des jugements de valeurs sur ce sujet ô combien sensible.
Pour en avoir discuté avec d’autres mamans de la team biberon, nous avons toutes dû justifier notre choix voire même louvoyer en disant non je ne suis pas sûre peut-être une tétée de bienvenue.

Petit florilège de situations vécues par ces mères indignes dont je fais partie :
Gynéco femme : « Vous voulez allaiter combien de mois? » Il va de soi que vous allez allaiter… la question ne se pose même pas.
Médecin traitant homme : « Vous savez que je dois vous recommander l’allaitement au sein ? »
Vous avez déjà allaité ? Vous savez ce que l’on ressent ? La douleur vous l’avez gérée comment ?

À l’hôpital :
Confidence d’une sage-femme : « Vous savez moi aussi je n’ai pas allaité mais je ne le dis pas aux patientes car c’est mal vu dans notre profession où l’on est censées prôner l’allaitement maternel. » Sérieusement?!!
Lors d’un atelier de 2h00 sur l’allaitement au biberon, une diététicienne commence par un exposé de 45 min sur les bienfaits du lait maternel. WTF?! Merci mais comment vous dire que vous êtes hors sujet ?

Sur toutes les publications (web papier etc.) :
« 
Selon les recommandations de l’OMS, le meilleur aliment pour la croissance de bébé entre 0 et 6 mois reste le lait de sa maman. » J’ai bien compris mais admettons que la mère mange n’importe quoi, fume, picole… on en pense quoi ?
Remarques des générations précédentes (collègues, famille etc) : « C’est quand même mieux pour le bébé les anticorps« 
A votre époque, on fumait partout y compris en voiture et l’alcool pendant la grossesse n’était pas un problème…

Précisions sur le choix du biberon ou pas:

Entendons-nous bien les mères qui allaitent sont pour moi des warriors.
Je ne fais pas de prosélytisme et ne veut inciter personne « du côté obscur de la force ». Je n’ai pas d’actions chez Guigoz, Gallia ou Novalac.
Simplement, la grossesse est un moment suffisamment perturbant pour que l’on nous épargne et que l’on respecte notre choix.
Mon entrée dans la famille des mamans m’a fait rencontrer la bienveillance des femmes (mères ou pas). J’ai trouvé ça réconfortant et émouvant.
Il existe heureusement des professionnels de santé respectueux des mamans et de leur choix.

En résumé, chaque femme est unique donc chaque grossesse est unique. Chacune fait ce qu’elle veut avec son corps c’est aussi ça pour moi être féministe. Je précise que la plupart de mes amies allaitent et aucune ne s’est permise la moindre réflexion à mon sujet. En même temps c’est peut-être aussi pour ça que ce sont mes amies.